TCA & Activités Physiques Adaptées : entre soin, équilibre et réappropriation du corps
- AVRIL LAHEURTE
- 14 avr.
- 2 min de lecture

L’activité physique occupe une place complexe dans les troubles du comportement alimentaire (TCA). Tantôt utilisée de manière excessive et rigide, tantôt évitée par peur ou culpabilité, elle peut devenir un terrain ambivalent.
Pourtant, lorsqu’elle est encadrée et adaptée, l’activité physique peut aussi devenir un véritable outil thérapeutique.
C’est dans ce contexte que les Activités Physiques Adaptées (APA) prennent tout leur sens.
Entre risque et opportunité Les travaux de Schaumberg, Pictor et Frank (2024) sur les formes d’exercice adaptatives et inadaptatives dans les troubles des conduites alimentaires montrent que l’activité physique peut se situer sur un continuum. D’un côté, elle peut être compulsive, utilisée comme moyen de contrôle du poids ou de régulation émotionnelle. De l’autre, elle peut devenir un levier positif lorsqu’elle est intégrée dans une démarche thérapeutique adaptée. Cette dualité est essentielle à comprendre pour éviter toute simplification.
Les bénéfices des Activités Physiques Adaptées Lorsqu’elles sont correctement encadrées, les APA peuvent apporter des bénéfices multiples dans la prise en charge des TCA.
Sur le plan physique, elles permettent de :
restaurer une relation plus fonctionnelle au mouvement
soutenir progressivement la reprise de capacités corporelles
Sur le plan psychologique, elles peuvent :
améliorer l’image corporelle
réduire l’anxiété liée au corps et au contrôle du poids
diminuer certaines pensées obsessionnelles
Sur le plan social, elles offrent également un espace de :
réintégration progressive dans des activités collectives
reconstruction du lien à l’autre
valorisation d’expériences positives non centrées sur le poids ou l’apparence
Ainsi, les APA peuvent devenir un véritable outil complémentaire dans une approche globale.
Une intégration progressive dans la prise en charge L’intégration des APA dans la prise en charge des TCA nécessite une approche structurée et sécurisée. Comme le souligne Neyret (Institut Régional de Formation aux Métiers de la Rééducation et Réadaptation), leur mise en place doit s’inscrire dans un cadre pluridisciplinaire, en tenant compte de l’état clinique, des capacités physiques et du vécu de la personne.
Il ne s’agit pas de “rajouter de l’activité physique”, mais bien de proposer un accompagnement ajusté, progressif et individualisé.
Un outil thérapeutique à part entière Les Activités Physiques Adaptées ne doivent pas être confondues avec l’exercice physique classique.
Dans le contexte des TCA, elles prennent une dimension thérapeutique à part entière, en permettant de reconstruire un rapport plus apaisé au corps et au mouvement.
Elles offrent un espace intermédiaire entre immobilité et excès, entre contrôle et lâcher-prise.
Vers une approche plus globale du soin Intégrer les APA dans la prise en charge des TCA, c’est reconnaître que le soin ne passe pas uniquement par l’alimentation ou la psychothérapie.
C’est aussi prendre en compte le corps dans sa globalité, dans son vécu, ses sensations et sa capacité à se réapproprier le mouvement. Dans cette perspective, l’activité physique ne devient plus un facteur de risque, mais un levier possible de reconstruction.
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